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Mines Afrique Centrale

Mines: l’Etat français prend le contrôle d’Eramet en devenant le 1er actionnaire

Par LFN· Facebook X LinkedIn WhatsApp

L’État français a acté sa montée au capital d’Eramet via une recapitalisation de 500 millions d’euros, portée par l’Agence des participations de l’État (APE). Eramet a subi d’importantes turbulences financières, marquées par la volatilité des cours mondiaux des matières premières. L’injection de 500 millions d’euros est indispensable pour assainir le bilan, respecter les ratios bancaires et consolider les fonds propres.

En devenant le 1er actionnaire d’Eramet, Paris veut aussi marquer les esprits dans la conquête des minerais critiques. Eramet produit des métaux au cœur de la transition énergétique et de l’industrie lourde : le lithium (pour les batteries), le nickel et surtout le manganèse (acier, chimie de pointe). Pour Paris et l’Union européenne, laisser vaciller le groupe ou risquer une prise de participation hostile étrangère menacerait directement la sécurité des approvisionnements industriels.

L’Etat français 1er actionnaire

Détenant jusqu’ici environ 27 % du capital, l’État français monte jusqu’à près de 49 %. S’il reste techniquement juste sous le seuil d’une nationalisation formelle à 50 %, il s’impose comme l’actionnaire de contrôle opérationnel et stratégique. Historiquement premier actionnaire de référence via la holding Sorame-CEIR (détenant environ 37 % des parts), la famille Duval cède sa place de tête et devient le second actionnaire, acceptant de diluer ou céder une partie de ses droits préférentiels de souscription à l’APE. Le groupe passe d’une logique purement privée/familiale à celle d’un bras armé de la stratégie minière et géopolitique française. « Cette opération illustre l’engagement du Gouvernement pour asseoir l’indépendance de la France dans le domaine des minerais et métaux critiques. Dans un contexte marqué par une compétition internationale accrue et par la nécessité de sécuriser les approvisionnements en métaux critiques, nous prenons un engagement ambitieux faisant de l’État le premier actionnaire de la société, » a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

L’État gabonais face à l’Etat français

Le Gabon est le principal terrain d’extraction de manganèse d’Eramet via sa filiale locale, la Comilog dont l’État gabonais est actionnaire direct à environ 29 %. Les négociations minières ne se font plus simplement avec une multinationale privée, mais directement avec l’État français. Les relations économiques s’inscrivent désormais dans un cadre diplomatique direct entre Libreville et Paris.

 La recapitalisation évite une paralysie ou des coupes d’investissements brutales au sein de la Comilog et de la Société d’exploitation du transgabonais (Setrag), qui gère la voie ferrée vitale pour le transport du minerai au Gabon. Dans sa volonté d’industrialiser le pays, le gouvernement gabonais a mis en place une politique d’exigences accrues de transformation locale des minerais. Le président gabonaise Brice Oligui Nguema, a fait de la transformation sur place du minerai et de la diversification économique une priorité absolue pour porter le manganèse à plus de 10 % du PIB d’ici 2030. L’État gabonais dispose désormais d’un levier de négociation bilatéral pour contraindre Paris à respecter ses engagements industriels locaux et garantir les retombées fiscales et d’emploi.

Vouda NGANOU

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