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Conjoncture Afrique Centrale

CONGO. 1485 entreprises créées au 2e trimestre 2026

Par LFN· Facebook X LinkedIn WhatsApp

Le léger fléchissement observé dans la création des entreprises est-il conjoncturel et cyclique ? Le bulletin de l’Agence Congolaise pour la Création d’Entreprises(Acpce) sur les deux trimestres 2026 affiche 1485 entreprises créées au deuxième trimestre 2026. Derrière la hausse de 17,3% sur un an, le dynamisme reste tout de même en panne.

+17,3% par rapport au deuxième trimestre 2025 (1266 à 1485). Mais -8,8% par rapport au premier trimestre 2026 (1628 à 1485). Le Congo crée moins d’entreprises qu’il y a 3 mois. On est sur un ralentissement au deuxième trimestre, qui est pourtant censé être le plus actif avec la préparation du budget. Le principe économique d’une courbe croissante, appelée à décroître, est évident.

Avec 73,3% d’entreprises individuelles, on ne crée pas des sociétés, mais des patentes pour survivre. Les sociétés de capitaux (SA, SARL)qui créent de la valeur : seulement 2,6%. Elles étaient à 3,2% il y a un an. Ce qui traduit une régression. Le secteur tertiaire , c’est-à-dire, le commerce général, prestations de services, import-revente , représente 87% en termes de création d’entreprises. Le secondaire, notamment les BTP ne pèse que 10% et le primaire 3%. Exactement l’inverse de la diversification annoncée par le programme national de développement (PND). 96,3% de tpe? La gamme qui ne rapporte rien à l’Etat en termes de captation de ressources fiscales. Le chiffre d’affaires prévisionnel cumulé s’effondre à 22 milliards FCFA, contre 70 milliards au premier trimestre 2026 et 48 milliards au deuxième 2025, notamment l’industrie et agriculture.

En français facile, on crée un peu plus d’entreprises, mais 3 fois plus petites et 3 fois moins riches qu’il y a 6 mois. L’Etat ne devrait- il pas mettre l’accent sur le secteur agro-alimentaire qui absorbe près de 1000 milliards de fcfa en termes d’importations des produits alimentaires, en orientant les créateurs d’entreprises vers ce secteur grâce à une politique d’investissement plus attractive? Ah oui, « un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme n’est pas un peuple libre », dixit Denis Sassou N’Guesso.

En termes de prévisions d’emplois de jeunes, 3255 emplois directs annoncés, dont 88,1% pour les Congolais. Ce qui traduit une constance en volume par rapport aux trimestres précédents , aucours desquels on avait enregistré 3281 emplois au premier trimestre.

Toutefois, avec 22 milliards de chiffre d’affaires dopés par 1 485 entreprises, on est dans 14,8 millions de chiffre d’affaires prévisionnel par entreprise. Soit à peine 1,2 million par mois. Est-ce possible de créer des emplois alignés sur un Smig établi à 90.000 fcfa?

Deux bonnes nouvelles quand même:

les femmes représentent 28,1% des promoteurs, contre 25,3% au premier trimestre.. C’est la meilleure performance depuis 2 ans!

Comme toujours, Brazzaville écrase tout , avec 832 créations, 531 à Pointe-Noire. Soit 91,7% pour les deux principales villes congolaises. Zéro création sur tout le trimestre dans les Plateaux et la Cuvette-Ouest. La décentralisation économique bat de l’aile.

226 modifications, dont 34,5% pour ajout d’un établissement secondaire et 26,2% pour changement de siège social. Les entreprises existantes ne grandissent pas, elles déménagent et essaient d’ouvrir une deuxième petite boutique. Très peu de changement de forme juridique(3,4%). Aucune entreprise individuelle ne s’est muée en SARL. Maliens, camerounais et mauritaniens ont, parmi les étrangers, créé plus d’entreprises pendant les premier et deuxième trimestres 2026.

Tout compte fait, le deuxième trimestre 2026 confirme la « congolisation » de la précarité. Et piur cause, le Congolais entreprend par nécessité ou mimetisme, et non par opportunité. Par conséquent, l’ACPCE enregistre des survivants du secteur informel, pas un tissu industriel. Tant que le chiffre d’affaires prévisionnel continuera de chuter de 70 à 22 milliards de fcfa, la diversification restera un slogan.

Alphonse Ndongo, Journaliste économique et financier, Brazzaville, Congo

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